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Jour 11 - De Outjo jusqu'à Spitzkoppe (350 km)

Notre journée de grand rien à Outjo nous aura bien détendus avant de reprendre la route pour la seconde partie de notre périple : la redescende, lente, vers Le Cap mais par l’ouest du pays.

Nous roulons d’une traite vers Spitzkoppe où l’on arrive vers 12h. Il fait une chaleur impossible (on a pas de thermomètre dans notre auto mais là vraiment c’était chaud !).

Le paysage de Spitzkoppe est impressionnant : ce sont de gros blocs de pierres au milieu du désert, divisés en plusieurs monts que viennent challenger de nombreux alpinistes. Le sommet le plus haut fait 1728m, et c’est à ses pieds qu’on dormira. Les emplacements sont à flan de montage, espacés d’au moins 200m. Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité et les douches sont à la réception (qui est à 2 km…) On a l’impression de faire du camping sauvage !

Si comme nous vous ne faite pas d’escalade, il y a tout de même deux-trois trucs à faire à Spitzkoppe, comme profiter du paysage, photographier la Grande Arche (c’est surtout pour ça que les touristes viennent) et découvrir des peintures rupestres des premiers peuples San dans le Bushman Paradise. Cette dernière vous vaudra une petite ascension fort sympathique moyennant un pourboire pour le guide.

À l’heure de se coucher, le vent décide de se lever, faisant trembler notre tente tellement si violemment qu’on craint de dormir dans la voiture. On en profite pour faire quelques photos des étoiles en attendant que ça se calme. Ça durera toute la nuit, on aura pas beaucoup dormis et on se réveille un peu de mauvais poil. Mais lorsqu’on ouvre la tente, on se souvient pourquoi on est venu ici et ça nous fait oublier la petite nuit.

Jour 12 - De Spitzkoppe jusqu'à Swakopmund (150 km)

Pour une fois, nous n’avons pas beaucoup de route. On arrive tôt à Swakopmund et on en profite pour se balader un peu dans cette ville balnéaire. J’ai l’impression d’être à la mer du nord, les petites maisons ont une architecture différentes du reste du pays et on entend beaucoup de gens parler allemand (surtout des vieilles personnes âgées blanches). Après avoir été voir le front de mer, on s’offre un petit gateau et un thé (gros craquage, les foufous !). Il fait beaucoup plus frais ici, on a même mis un pull (encore un gros craquage).

La jetée de Swakopmund

C’est aussi la journée où nous devons faire les courses (et oui même en voyage on y échappe pas). Une chose que je n’ai pas mentionné plus tôt et que nous avons acheté une glacière au Cap qui ne fonctionne pas (c’est pratique dans un pays comme la Namibie où le climat est DOUX). On doit donc acheter des choses peu périssables. Vu que j’ai besoin de ma dose de fruits et légumes, on mange principalement des poivrons, des concombres, avocats, raisins, bananes et encore des poivrons. Et bien sur, des oeufs, des pâtes, du couscous (le meilleur ami du campeur) et des conserves : soupe, mais, pois chiches et on a testé toutes les types de sauces tomates pour tuner nos pâtes. Ça n’a pas l’air comme ça mais on mange bien ! On pensait trouver des maraichers sur la route mais nada. Les courses se font exclusivement dans les supermarchés et autant vous dire que c’est Disney : tout brille et les légumes sont tous emballés dans du plastique. Là aussi on ressent l’influence allemande : on peut acheter de la choucroute, du chou en boite, des cornichons de tous les diamètres et bien sur du salami. De retour à Düsseldorf l’espace d’un instant.

À défaut d’être tombés sous le charme de la ville, on adore notre camping. Les propriétaires (allemands off course) sont adorables, on a un emplacement bien protégé du vent (on ne nous la fait pas deux fois), au sol c’est du sable et mon petit dos est ravi d’avance.

Le frigo
Le dressing
Le celier

Jour 13 - Visite de Swakopmund et Walvis Bay

Cette journée ne sera pas une de nos meilleures journées. On prend la voiture à reculons pour allez voir Moon Landscape, à quelques kilomètres de Swakopmund. Le paysage est…lunaire. C’est un belle surprise car on a prévu ça au hasard et on a le paysage pour nous tout seul. On file ensuite à Walvis Bay par une piste absolument pas agréable (à ce moment là nous n’avions pas connu pire). La ville ne nous inspire rien, on va voir les flamants roses dans la lagune mais il y a un vent de fou, on cherche un café mais rien ne nous inspire donc on rentre au camping. On passe la soirée avec un couple de français en tour du monde autour d’un BBQ et quelques bières.

Jour 14 - On kayak au milieu des otaries

Debout très tôt ce matin car nous avons rendez-vous pour faire du kayak avec des otaries dans la baie de Walvis Bay (excitation +++). Il faut savoir qu’à Swakopmund et les environs, on vous proposera une multitude d’activités type snow ou luge dans les dunes, du quad (très peu pour nous) mais également une excursion en 4×4 à Sandwich Harbour ou bien le survol de ce dernier en avion. Malheureusement (ou heureusement) c’est totalement hors budget. Donc on se rabat sur quelque chose de plus « eco-friendly » qu’on nous a conseillé sur la route. On retrouve Kevin, un namibien adorable et passionné par sa région et les animaux. Sur la route qui nous mène à la lagune où vivent les otaries, il nous explique tout sur le fonctionnement des marais salants, la migration des oiseaux et les différentes espèces qui on élu domicile ici.

Bien équipés, nous pagayions parmi les centaines de jeunes otaries qui doivent apprendre à pêcher et à nager avant de quitter leurs mères. Kevin nous conseille de chanter et de leur parler car ce sont des animaux très communicatifs : on s’en donne à coeur joie (surtout Térence). Et ça marche ! Elles nagent sous notre kayak, sautent à côté et jouent avec nous. Nous avons la sensation de partager un moment très privilégié avec ces animaux que nous connaissons peu, c’est génial ! Au même moment sur la plage, on peut voir les énormes males qui essayent de copuler avec les mamans otaries. On demande également à Kevin quel est cette petite odeur nauséabonde qui nous suit depuis le début. Et bien sachez que les otaries pètent à longueur de journée, à cause de leur régime 100% protéines. On s’est couchés moins bêtes.

En plus d’être une activité originale, Kevin est quelqu’un de très ouvert et qui ne mâche pas ses mots : il nous parle de la politique de son pays, de la corruption, des inégalités et des relations entre les blancs et les noirs. Car la Namibie est indépendante depuis seulement 29 ans et son histoire est plutôt lourde.

Jour 15 - De Swakopmund jusqu'au Namib Naukluft (350 km)

Nous prenons la route vers les montagnes du Namib Naukluft vers 8h30 car il semblerait que les 350 km pour y arriver soient très longs. Et c’est pas faux. Ça nous prend environ 5h. Nous avons prévu de dormir dans un camping NWR (ceux qui sont d’un mauvais rapport qualité/prix mais qui sont dans les parcs nationaux) car on veut faire l’Olive Trail au petit matin. Les derniers 30 km pour atteindre le camping sont vraiment difficiles donc lorsqu’on arrive à la réception, on est un peu cuits. La dame nous annonce que ça coute 700 ND (40€), qu’il faut ajouter le prix du parc, les sanitaires sont communs et il n’y a pas d’électricité. Nous sommes loin du haut standing des campings namibiens. On est un peu choqués car c’est le camping le plus cher qu’on a eu jusque là. On est là pour la randonnée donc tant pis on paye. Lorsqu’on arrive sur l’emplacement, on est encore plus dégoûtés : c’est tout petit et il y a des babouins partout. On est tellement crevés qu’on lâche l’affaire, on se pose pour lire, on dine tôt (18h45 mes amis) pour être d’attaque le lendemain.

Jour 16 - L'Olive Trail au Namib Naukluft jusqu'à (presque) Sesriem (70 km)

Nous commençons cette randonnée de 10 km à 7h. Les lumières matinales sur la montagne sont magnifiques, on est seuls et contents de partir marcher dans la nature. Cela commence par l’ascension de la montagne, puis quelques kms sur le plateau avant de redescendre dans un canyon jusqu’à la fin de la randonnée. C’est vraiment impressionnant et on a un total sentiment d’isolement. Vers les derniers kms, on voit plusieurs carcasses d’animaux (dont une de zèbre toute fraiche) près d’un point d’eau. On va pas se mentir, on flippe un peu qu’un guépard ou des hyènes soient planqués par là !

On rentre au parking fissa pour un petit pic nic, vers 11h, lorsque le soleil commence vraiment à taper.

On prend ensuite la route (again and again) pour notre prochain camping, situé à 40 km au sud de Sesriem, le village porte d’entrée vers Sossusvlei, le plus vieux désert du monde. Le camping est génial, il y a une piscine et des boissons chaudes à volonté. On est contents et on chill au bord de l’eau en lisant tout l’aprem. Vu que le lendemain on a prévu de se lever à 4h30 pour aller à Sesriem, on mange encore hyper tôt et à 20h on fait dodo.

Jour 17 - De Sesriem jusqu'à Betta (130 km)

Nous arrivons en n°3 devant la porte du parc de Sossusvlei, il est environ 5h45 et les portes ouvrent à 6h15. En partant du camping, on a notre premier couac avec la voiture : Térence heurte une énorme souche en reculant et on réalise devant le parc que notre pare choc s’est un peu détaché. Un groupe d’indiens vivant à Cape Town vient nous aider à rafistoler le truc pour limiter les dégâts. Ça nous inquiète un peu car on sait qu’on a encore environ 500 km de piste et pas de ville aux alentours.

Mais pour le moment, on veut profiter de la visite des dunes. Le soleil teinte les dunes d’un rouge magnifique et les 60 km qui sépare l’entrée du parc au parking de Sossusvlei sont merveilleux (en plus la route est bitumée). On débute l’ascension de la dune Big Daddy qui fait 325 m de haut à 7h30. Il y a moins de monde qu’on le pensait ce qui nous permet d’en profiter des paysages dans le silence. On atteint le sommet après 1h30 de marche dans le sable. Là spectacle grandiose : on voit des dunes à perte de vue et même l’océan atlantique au loin. La redescente sera moins difficile : on dévale les 300m de dune en courant ! Pas de problème ici, les dunes se régénèrent constamment avec le vent.

En bas, nouvelle claque pour nos yeux : une forêt pétrifiée est là, au milieu du désert. La légende veut que la forêt de conifères ait été emportée il y a 300 millions d’années par un raz-de-marée venant d’Angola. Ensuite les troncs se sont peu à peu recouverts d’une couche sédimentaire puis fossilisés sous l’action de l’acide silicique contenu dans l’eau de pluie.

Matétéou à Sossusvlei

Nous quitterons Sossusvlei vers 14h, à la recherche d’un mécanicien mais c’est un échec. Finalement, on décide de prendre la route vers le sud, on s’arrêtera lorsqu’on en a marre. De nouveau, les paysages sont magnifiques mais c’est de la piste. De la vraie. Avec des énormes cailloux, sûrement la pire depuis le début. On dormira 180km plus loin, à Betta et il nous aura fallu 3h30 pour y arriver 😉

Jour 18 - De Betta jusqu'à Keetmanshop (350 km)

On décide de rouler jusqu’à Keetmanshop qui est une « grande » ville de Namibie pour continuer notre quête du mécanicien. On roule de nouveau sur une piste de 150 km avant de retrouver, enfin la route bitumée (danse de la joie dans l’auto). Il y a une concession Toyota à Keetmanshop malheureusement ils n’ont pas les pièces manquantes… Mais l’équipe est au top et fait tout pour nous aider. Ils commandent les pièces et demandent à ce qu’elles soient livrées en Afrique du Sud, dans une concession qui se trouve sur notre route. En prime, ils proposent de laver la voiture et nous informent qu’il faut réparer un pneu.

Nous n’aurons pas fait grand chose de cette journée (ah si les courses) mais on se couche un peu plus serein que la veille en se disant que tout vas rentrer dans l’ordre.

La piste

Jour 19 - De Keetmanshop jusqu'à Noordoewer ( 300 km)

C’est notre avant dernier jour en Namibie du coup on a décidé de retourner dans un camping qu’on avait adoré : le tout premier ! C’était celui avec les emplacements au bord de la rivière et le propriétaire super sympa.

En arrivant là bas, Andy nous reconnait et on se sent directement à l’aise. Il nous propose « the special spot » parce qu’on est déjà venu. On boit une petite bière avec un copain à lui au bar et on décide de se faire un petit barbecue. Térence a maintenant une grande maitrise de cet art de la région. Sur nos petites chaises de camping, on se dit que quand même, on est pas mal et que le camping va nous manquer (la mini tente 2sc un peu moins).

Jour 20 - Au revoir la Namibie, re-bonjour l’Afrique du Sud !

Ça y est, on passe la frontière en deux temps trois mouvements et nous revoilà en Afrique du Sud, sans trop réaliser que ce roadtrip est déjà terminé. Nous avons la voiture pendant encore une semaine donc on décide de se balader un peu autour du Cap. Nous irons à Stellenbosch, sur la route des vin, un haut lieu de la culture afrikaner puis à Hermanus pour tenter d’apercevoir des baleines (en vain).

La Namibie aura été pour nous deux une véritable expérience visuelle. Ses espaces désertiques à perte de vue vous faisant sentir seul au monde, ses couchers de soleil flamboyants, ses routes droites tranchants le paysage, ses vents capricieux faisant danser le sable et ses animaux que l’on peut encore rencontrer à l’état sauvage. Le roadtrip en voiture offre une vraie liberté de mouvement mais également un sentiment d’isolement qui nous a parfois pesé sur la durée. Il faut savoir que la faible densité de population de la Namibie rend les contacts avec les locaux rares, surtout lorsqu’on est 80% du temps en voiture. C’est donc très différent des autres voyages que nous avions fait jusque là car peu adapté aux backpackers : on croise majoritairement des retraités allemands en tours organisés séjournant en lodge. Ce roadtrip que nous attendions depuis longtemps restera une aventure magique de notre grand voyage…

Nous avons visité la Namibie en Novembre 2019. Retrouvez ci-dessous tous nos articles :

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